A fleur d'eau...

Descriptions, comptes rendus de voyages et conseils pratiques pour la pratique du Kayak de mer à travers le monde.

07 juillet 2006

Dans la baie de Phang Nga (février 2006)

Les côtes Thaïlandaises regorgent de superbes rivages pour les adeptes du Kayak de mer. L'une des plus prisée est la célèbre Baie de Phang Nga à l'est de Phuket. Parsemée de pitons rocheux, d'îlots sculptés et de plage idylliques, elle n'a rien à envier à la baie d'Along sans doute plus touristique. Plus au sud, après Krabi, les possibilités sont énormes et on peut très bien envisager des périples de plusieurs semaines. En février dernier, nous sommes partis à 7 amis kayakistes plus ou moins expérimentés, mais dont le but commun était de profiter des rencontres avec la population, de la nature, des paysages et des animaux pour une navigation plutôt pépère et éloignée si possible des lieux touristiques.

Pour simplifier l’organisation, nous sommes passés par une agence de location de kayaks située sur l’île de Phuket et qui s’est chargée de la mise à disposition du matériel, des cartes ainsi que de l’organisation des navettes. Pour le reste, nous étions totalement autonomes. Ils nous ont ensuite guidés durant 3 jours dans le parc de Khao Sok pour une randonnée naturaliste en kayak au milieu d’une jungle sauvage.

  • Dimanche 19 février 2006

Arrivée à Phuket, prise de contact avec l’agence, récupération des cartes, transfert à l’hôtel et courses au supermarché.

  • Lundi 20 février 2006

Comme prévu, le bus est à 9h devant l’hôtel. C’est un bus de tradition locale avec deux bas flancs latéraux en bois et juste un toit avec une galerie. Du coup l’aération est garantie.

Une fois chargé des kayaks et de notre matériel, il nous conduit dans un petit port à l’ouest de Phuket pour prendre un bateau et aller au départ de notre périple sur l’île de Ko Yao Yai. Cela permet d’aller directement dans les parties les plus intéressantes de la baie et d’éviter une traversée. Nous nous en remettons aux conseils de Dave, le patron de Paddle Asia. Le bateau nous laisse à Ta Kao après une heure de navigation qui nous donne déjà un petit aperçu des mangroves et des pitons qui nous attendent. Nous allons vite nous mettre à l’abri du soleil au restaurant voisin, attaquons un petit riz sauté aux fruits de mer un peu trop pimenté à notre goût avec un assortiment de milk-shakes avant d’entamer le chargement des kayaks. Un partenaire de Paddle Asia qui a des bungalows juste à coté nous attend et nous conseille sur les possibilités de bivouac et de ravitaillement dans la baie. Il nous indique les endroits touristiques à éviter et les coins reculés. Il nous propose de compléter nos achats, en particulier de fruits, et emmène Sandrine au village en mobylette. Compte tenu de la marée, il nous déconseille de dormir dans ses bungalows et nous indique une plage au bout de l’île.

Les kayaks sont vite chargés et nous nous dirigeons vers le nord. La première baie rencontrée est occupée par une mangrove très pénétrable avec des arbres variés à demi noyés. Il y a très peu d’eau et nous zigzaguons entre les troncs et les bancs de sable. Une bonne entrée en matière…

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La mangrove au nord de Ko Yao Yai

L’extrémité nord de l’île est occupée par de hautes falaises couvertes de végétation. Seule une petite plage est occupée par des pêcheurs. Une grotte au raz de l’eau leur sert d’abri. Ils ne parlent pas un mot d’anglais mais nous parvenons à leur demander par gestes si nous pouvons camper. Ils nous aident même à nettoyer et niveler quelques emplacements. Puis, comme nous l’avait conseillé Dan, nous essayons de leur proposer de nous faire à manger du poisson, contre rétribution bien sûr… Leurs nombreux et souriants « yes » nous laissent à penser qu’ils sont d’accords. Nous nous installons à une dizaine de mètres pour ne pas les gêner, et attaquons apéros et amuse gueule. L’un d’eux vient nous voir, repart, nous met une rallonge avec de la lumière, accepte quelques friandises mais pas d’alcool et le temps passe.

Finalement nous nous rendons à leur campement avec nos gamelles vides mais visiblement, ils n’ont rien prévu pour nous. Ils n’avaient rien compris et nous avions pris nos désirs pour des réalités. Gênés, autant que nous, ils nous amènent quelques patates douces avec quelques reliefs de riz et de sauce au poisson. Heureusement, l’apéro avait été conséquent.

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La petite plage à côté de la grotte des Pêcheurs, au nord de Ko Yao Yai, constitue un lieu de bivouac parfait.

  • Mardi 21 Février 2006

Réveil vers 6h30. Départ 9h. Après l’île de Ko Kudu, nous entamons la traversée en direction de Kokui, croisant quelques pitons rocheux couverts de jungle. Le paysage est de toute beauté, la distance et l’éclairage jouant avec les reliefs fantasmatiques des îles plus ou moins lointaines, toujours différentes . Pierre passionné d’ornithologie guette chaque oiseau que nous débusquons en rasant les berges. Patrick a sorti de quoi pêcher.

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L’île de Kokui s’étire toute en longueur .C’est une véritable épine dorsale, étroite par endroits de quelque dizaines de mètres ou les falaises ornées de concrétions tortueuses alternent avec les plages cernées par la végétation. Au nord un chenal la sépare de sa grande sœur, plus longue, plus haute. Nous nous arrêtons manger sur une plage superbe .Au loin, les îles sont encore plus impressionnantes, entaillées parfois par de profondes fractures occupée par une végétation luxuriante. Nous abandonnons ensuite cet archipel pour piquer droit vers l’ouest et rejoindre l’île de Ko Mak.

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Gambas à gogo sur l'île de Ko Mak

Contrairement à ses voisines, c’est une île plutôt plate. Un réseau de petites routes goudronnées sillonnent sa partie est, reliant un habitat dispersé. Par le plus grand des hasards, nous trouvons une épicerie avec riz, œufs quelques sucreries. C’est vraiment peu achalandé, mais, tant qu’il y a du riz…. Il faut dire que nous partions un peu la fleur au fusil, imaginant que les restaurants et les gens prêts à nous faire à manger se bousculeraient. La, pas de restaurant, mais en essayant de communiquer avec des pêcheurs, nous trouvons finalement à acheter 2 kg de gambas. La soirée s’annonce bien…Nous nous installons au bord d’une plage assez éloignée du village, afin d’échapper à une bruyante sono. De plus, la plage est suffisamment pentue pour ne pas avoir à tracter les kayaks à marée basse. Face à une multitude de pitons nous nous faisons un assortiment de crevettes au grill ou en papillote avec une goutte de Pastis le tout accompagné d’un riz cuit à la thaï. Celui-ci se mange tel quel tellement il est parfumé.

  • Mercredi 22 Février 2006

La nuit a été un peu agitée. Durant la nuit, des jeunes sont venus faire la fête sur la plage voisine. Notre foyer est rapidement remis en activité mais, beaucoup plus grave, notre stock d’apéritif, mal rangé subit un sérieux prélèvement. La bouteille de Whisky est vide, mais heureusement il nous reste du Pastis…

Dia7377Nous repartons vers Hin Bai pour emprunter le chenal qui redescend vers le sud entre Ko Chong Lat et le continent. Le paysage est superbe et plusieurs îlots aux formes élancées agrémentent la navigation. Cependant, plus nous avançons, plus le vent forcit. Au débouché du chenal nous nous réfugions derrière une île aux parois vertigineuses. Des pêcheurs y sont aussi et pêchent à la ligne tranquillement sous un abri sous roche. Nous entamons la conversation par gestes et regardons leurs différentes prises. Ils se servent d’encornets vivants d’au moins 15-20 cm comme appâts, alors évidemment, leurs prises sont impressionnantes. Patrick est dégoûté, lui qui n’a pas eu encore la moindre touche.

Nous rejoignons ensuite la cote pour débarquer à Laem Sak. Mais, la marée est basse, et pour accéder au village sans faire le tour de la presqu’île, il est difficile d’accoster sans s’enliser dans le limon de la mangrove. La faim nous tenaillant, nous débarquons dès que la cote est plus facile d’accès, au niveau du cap. Arrivés par le coin le plus reculé du village, érigé sur pilotis, les habitants essayent de nous persuader que les restaurants sont de l’autre coté de la presqu’île, près du port. Mais finalement nous dénichons une petite gargote qui n’a jamais du voir de touristes et ou les morceaux de choix sont de la peau de poulet grillée. L’accueil est chaleureux et de toute façon, il y a du riz, du bouillon et des pâtes. Nous sommes affamés. Quelques douceurs locales expérimentales achetées à l’épicerie terminent notre sympathique repas, du coca cola pour les plus assoiffés et nous sommes fin prêt à repartir.

Le vent souffle toujours, nous avons laissé une bonne partie de notre énergie le matin et plutôt que de faire le tour de la mangrove, nous préférons couper tout droit en direction de la presqu’île de Laem Taeng. C’est un peu long mais finalement nous sommes récompensés par la découverte d’une belle plage dans un grand cirque rocheux avec sable blanc, cocotiers et même un abri avec un plancher en très bon état. Hélas comme pour les bivouacs précédents, nous sommes trop au fond de la baie pour avoir la possibilité de profiter des fonds sous marins. La proximité de la mangrove associée avec les marées et la faible profondeur rend la mer trouble.

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  • Jeudi 23 février 2006

La cote le long de Laem Taeng est très belle. Après avoir contourné la presqu’île, nous nous dirigeons dans un bras de mer qui s’enfonce dans la mangrove. Mais finalement nous renonçons à aller visiter le fond de celle-ci car le temps change, nos réserves d’eau s’amenuisent dangereusement, il faut trouver un village. Le ciel se couvre et la pluie arrive Elle sera de courte durée. Nous croisons quelques maisons sur pilotis mais il n’y a personne et nous hésitons à demander de l’eau dans ces coins perdus car il n’y a pas de sources et les gens ne doivent pas en avoir beaucoup, surtout en saison sèche. Dans cette zone de hauts fonds, nous commençons à croiser de grandes étendues de filets installés en V et laissés à demeure faisant des pièges lorsque la marée se retire. Pour qu’elle n’en devienne pas un pour nous, nous devons calculer notre itinéraire.

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A marée basse, l'eau se retire par endroits sur plusieurs centaines de mètres

Vers midi, nous avons bien du mal à débarquer pour trouver les éventuels bungalows qu’on nous a indiqués. On ne voit rien depuis la mer et les tentatives pour franchir les centaines de mètres qui nous séparent des plages prennent du temps et se soldent à trois reprises par des échecs car nous sommes dans des propriétés privées ou dans une végétation inextricable. La faim nous tenaillant, nous finissons par nous poser sur un banc de sable après avoir tirés les kayaks sur une longue distance. Impossible de faire du feu pour chauffer l’eau des pâtes chinoises et nous finissons tout ce qui se mange sans cuisson. Il est vraiment temps de trouver du ravitaillement. (photo Dia 7433)

L’après midi, nous parvenons enfin à un site de bungalows ou nous pouvons jouir des plaisirs d’une soirée plus civilisée.

Petites courses « en ville », cure de fruits et reconstitution des stocks de vivres puis repas marin copieux arrosé de bières fraîches.

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  • Vendredi 24 février 2006

Propres, rasés pour certains, nous pouvons reprendre la mer. Nous commençons par un petit circuit dans la mangrove aux abords immédiats du port. Nous visitons un canyon creusé entre des pitons couverts de végétation. C’est l’attraction du coin, et bientôt, une cohorte de sit on top nous rejoint avec à leurs bord des représentants écarlates de toutes les nationalités. Heureusement, nous sommes sur le chemin du retour et pouvons fuir cette cohue bruyante. Nous remontons l’autre bras de la rivière qui se prolonge a perte de vue dans la mangrove. Nous visitons un affluent, plus étroit, plus sauvage puis revenons vers le village pour profiter une fois encore des prix attractifs de la restauration locale. Pendant ce temps là, le vent se lève et il nous poussera l’après midi vers les îles de Koo Hong que nous atteignons en 1h30.Nous débarquons alors que les derniers touristes quittent les lieux. Nous sommes très bien accueillis par les occupant des lieux .Pêcheurs et chasseurs de nids d’hirondelles, ils ont installé un campement confortable, fait de plateformes en bambous sous un vaste abri sous roche face à la mer.

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L'archipel de Kho Hong

Nous pouvons enfin profiter des fonds coralliens. Un jeune thaï qui parle anglais vient discuter avec nous, nous l’initions à l’esquimautage. Il nous fait ensuite une démonstration d’escalade sur les falaises bordant la plage.

Cette fois pas de quiproquo, et nous négocions du poisson pour le soir. Bien qu’envahis de touristes la journée, nos hôtes ne cherchent pas à tirer profit de notre venue et c’est vraiment très agréable, car les relations ne sont pas faussées.

  • Samedi 25 février 2006

Nous décidons de rester dans ce chapelet d’îles en les explorant une à une plutôt que de se relancer dans des grandes traversées. Nous irons moins loin, mais profiterons plus de ces zones coralliennes.

Nous commençons par le nord ou une belle plage de sable blanc nous attire l’œil. Nous sommes seuls, et profitons quelques instants de cet endroit idyllique, mais cela ne dure pas, et un bateau de touristes débarque non loin de nous, brisant le charme. Nous repartons à croire que nous devenons très exigeants avec notre tranquillité car finalement les touristes sont peu nombreux et ils se concentrent à quelques endroits où ils restent peu de temps. Le plus souvent nous profitons seuls des pitons et des plages.

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Les nombreuses grottes qui percent les ilôts calcaires sont très souvent occupées par des nuées d'hirondelles.

Leur présence fait la joie des chasseurs de nids qui les revendent à prix d'or en prenant parfois de grands risques.

Après avoir fait le tour de quelques îlots entièrement rocheux, nous trouvons une minuscule plage juste assez grande pour mettre les kayaks. Le temps de faire un petit feu et nous avons droit à notre le déjeuner habituel de pâtes chinoises. Nous essayons de tester différents parfums, mais nous avons souvent du mal à doser les sachets de piment. Heureusement, quelques mangues apaisent notre palais.

Dans ces îles situées au centre de la baie, il n’y a pas de mangrove, et les fonds sont superbes, avec des coraux originaux et colorés. Nous en profitons pleinement. La marée descend peu à peu et nous incite à reprendre la mer. Nous mettons le cap sur Ko Hong, un peu plus au sud.

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Une première plage est encore bien occupée par les touristes et un plateau corallien en limite l’accès. Aussi nous décidons de faire le tour de l’île. Nous passons devant une autre plage plus aménagée. Cette fois, pas de tentation de confort, nous avons des vivres et nous continuons notre petite ballade circulaire. Les falaises deviennent plus impressionnantes. Nous visitons une belle grotte, aménagée avec des bambous pour les chasseurs de nids. Nous en profitons pour récolter des bigorneaux collés au bas des falaises afin d’agrémenter l’apéritif quotidien. Pour finir nous revenons à notre plage initiale désormais déserte et ou la marée nous permet d’aborder sans problème. Patrick et Sandrine vont un peu plus au large pêcher et nager près d’un récif ou des pêcheurs locaux prennent de gros poissons au lancer. Patrick reste bredouille bien que les poissons grouillent partout. La pêche, c’est un métier…

  • Dimanche 26 février

Nous embarquons à marée haute, ce qui nous permet d’aller visiter un petit lagon dont l’entrée est située à coté de notre plage. Un chenal étroit, encadrée par les falaises débouche dans une petite mer intérieure, cernée par les montagnes verticales. Une mangrove occupe le fond du plan d’eau. Les oiseaux nous rasent et leurs cris résonnent entres les parois. Il y a juste assez de fond pour passer en kayak et au fond nous voyons une multitude d’étoiles de mer.

Nous nous arrêtons ensuite au récif de la veille pour profiter des poissons et nous rafraîchir puis mettons le cap sur la cote pour une traversée de 8 km. Nous accostons aux abords d’un centre touristique haut de gamme heureusement très localisé. Après une courte baignade , nous longeons la cote à la recherche d’un restaurant. Avant de trouver quelque chose, Sandrine débarque a plusieurs reprises essayant d’avoir des renseignement auprès des femmes qui font sécher des calamars sur d’immenses claies. Finalement un motard l’emmène à un petit restaurant perdu dans la végétation, entouré de bungalows un peu plus loin. Les talkies walkies sont bien pratiques pour donner des nouvelles de son périple. Nous mangeons copieusement ces plats toujours aussi savoureux, faisant une cure de crevettes, de calamars et de poissons.

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La baie de Ao Nang est plus touristique, mais en s'éloignant des plages, il est possible de profiter pleinement de ces décors de rêve.

Vue la chaleur ambiante, nous serions bien restés plus longtemps sous la tonnelle, mais la marée nous rappelle à l’ordre et nous oblige à reprendre la mer. Arrivés à Ao Nang, nous trouvons sans problème notre gîte. La marée est au plus bas et nous oblige à laisser les kayaks avec un ancrage à plus de cent mètre du rivage. Nous les ramenons au fur et à mesure de la remontée des eaux sur le sable sec. Ce soir là, nous battons le record au niveau du budget logement avec un tarif de 4 € par chambre.

  • Lundi 27 février 2006

Marée haute…Ouf!

Le fond de la baie est touristique et nous sommes à coté du port d’où partent tous les bateaux pour les îles et les nombreuses plages environnantes. Heureusement, l’heure est matinale, tout est encore calme. Vers 10h, le ballet incessant des bateaux commence et l’absence de silencieux sur les moteurs n’arrange rien. Ils sont souvent au large alors que nous rasons la cote. Dans la baie suivante, nous doublons les plages très connues des grimpeurs (Railay Beach, Tonsai Beach..) ou ils sont très nombreux à faire la queue au pied des rares voies à l’ombre. Le site est grandiose avec des grottes et des abris envahis de concrétions, et nous traînons un peu autour des îles le long de la pointe de Laem Nang. Ensuite, le calme revient. Nous nous arrêtons vers midi au village d’Ao Nam Mao dans une zone de mangrove. Petit resto sympa et économique genre cantine. Pas un touriste à l’horizon.

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En Thailande, se restaurer n'est vraiment pas un problème

si l'on prend soin d'éviter les "pièges à touristes".

Nous devons ensuite rejoindre Krabi lieu de rendez vous fixé la veille par téléphone. La navigation est plus longue que prévue, car le port est situé au fond de l’estuaire et il faut aller au nord de la ville, remontant un chenal aux eaux glauques, surtout à marée base. Au loin, la côte continue à perte de vue laissant apparaître ça et la les sommets d’une multitude de piton rocheux. C’est sur, nous reviendrons… A Krabi, le bus ne tarde pas à arriver et nous ramène en 2h30 sur Phuket…

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Participants :

Philippe Brenu, Pierre Durlet, Patrick et Sandrine Degouve, Marie Françoise Marbach, Philippe Saladin, Carole Zakin.

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Modalités pratiques

La baie de Phang Nga se situe sur la côte ouest de la Thaïlande, à l'est de Phuket, haut lieu touristique du pays réputé pour ses plages, ses boîtes de nuit et ses fonds sous-marins. D'autres îles du secteur drainent les flux de touristes (Kho Lanta, kho Phi Phi etc), mais malgré cela, il reste de grands espaces peu fréquentés, constituant un terrain de jeu idéal pour le kayak de mer.

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  • Conditions de navigation

Globalement, la baie de Phang Nga est bien protégée, mais plus on descend vers le sud, plus l’influence de l’océan se fait sentir. Dans le Nord du golfe, le vent dominant est de secteur nord-est. Il augmente souvent en journée et il n’est pas rare qu’il s’établisse à 4 ou 5.

Marées : le marnage est de l’ordre de 3,5 m

De nombreux secteurs sont découverts à marée basse notamment vers les mangroves (zone de Krabi).

Courants : Rien de significatif (faible dans le golfe de Krabi : 0,6 km).

Température de l’eau : > 22°

Météo : la meilleure période couvre les 3 premiers mois de l’année. A partir d’avril mai, les pluies sont plus importantes, mais la mousson se fait moins sentir qu’au nord du pays.

  • Logistique

On trouve de tout à Phuket. Nous avons privilégié dès que cela était possible le restaurant qui ne coûte pas cher et fait bosser les habitants qui ont été éprouvés par le Tsunami. Nous n’avons eu aucune surprise de type intestinal, ici beaucoup de gens mangent au restaurant, et surtout dans les coins reculés, c’est la cantine et il y a du débit. En secours du riz et des pates chinoises sont faciles à trouver, des gâteaux secs de quoi tenir quelques jours.

Nous avons fait une cure de fruits/ Ananas, mangues, petites bananes, pastèques et d’autres fruits plus exotiques achetés sur le bord des routes ou dans les ports.

Point de vue alcool, pour l’apéro il est très cher et nous avions fait le plein au duty free en France

Quand cela était possible, nous avons aussi utilisé les bungalows pas toujours faciles à voir venant de

la mer. Pour moins de 10€ on a une petite cabane sous les palmiers avec des sanitaires individuelles, un lit et une moustiquaire. Le bar et le restaurant a minima à une cinquantaine de mètres.

Le problème est la marée qui peut rendre l’accès très compliqué si elle est basse quand on arrive ou on part, car elle se retire parfois sur plusieurs centaines de mètres. A midi, pour juste manger, c’est plus facile à gérer

Nous avions emmené un réchaud à alcool et un réchaud multi combustible et Paddle asia devait s’occuper des carburants. Ils ont oublié l’alcool, nous ont fourni nous supposons du gasoil qui ne brûlait pas bien si bien que nous avons fait du feu tout le long du séjour. Il y a du bois partout

Nous avions emmené des tentes légères dont nous ne montions le plus souvent que la moustiquaire et une couverture polaire qui ne nous a servi que d’oreiller vu la chaleur .

Quelques moustiques présents à la tombée de la nuits, nous avons acheté des répulsifs sur place en grande surface.

  • Biblio et liens :

Carte marine au 1/200 000, Phuket to Kantang

Marées : http://www.phuketgazette.net/tides/

Location de kayaks : de nombreux organismes louent des Sit on top, peu adaptés à de longues navigations. A notre connaissance, seul Paddle Asia peut fournir de véritables kayaks de mer avec le matériel et les conseils qui vont avec. Dave, le responsable de l’agence, a sillonné les côtes de Thaïlande et peut fournir tous les renseignements utiles. Paddle Asia organise également des séjours kayak dans le parc naturel de Khao Sok. Il peut également s’occuper des navettes, réservations d’hôtel à l’arrivée et au départ, de trouver d’autres prestataires de service en fonction des besoins (centre de plongée par exemple).

Paddle Asia : http://www.paddleasia.com/

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Carte

Itinéraire de février 2006

carteglobale

0 - Ta Khao : ce petit village offre toutes les commodités (restaurant, commerces) et il est possible de se loger dans des bungalows tenus par un collaborateur de Paddle Asia qui connaît bien le secteur. Mais attention, il n’est guère possible d’embarquer par marée basse.

1 - Au pied des falaises qui bordent l’extrémité nord de l’île de Ko Yao Noy, des pêcheurs ont aménagé un vaste abri sous-roche. Il est possible de camper juste à côté. A condition de maîtriser un peu le Thaï, on peut leur acheter du poisson qu’ils se feront un plaisir de cuisiner pour vous.

2 - Ile de Ko Chong Lat : Au sud, dans le fond de la baie qui regarde l’île de Khlui, belle plage (bivouac possible).

3 - Ko Mak : l’île est assez plate comparée à ses voisines élancées. Elle est occupée par un habitat dispersé et c’est un peu par hasard que nous avons trouvé un commerce chez l’habitant pour se procurer le minimum vital. L’extrémité est de l’île est occupée par un petit port et il est possible de camper une centaine de mètres au nord, sous des arbres le long de la plage (pas de problème de marée). Un puits d’eau douce à droite derrière le bâtiment du port permet de se rincer.

4 - Laem Sak : Petit village situé sur un cap. Le port principal se situe à l’est de la pointe (restaurant- commerce). A l’ouest, un petit village lacustre est plus authentique, on peut s’y restaurer et acheter la nourriture de base. Difficilement accessible par marée basse (débarquer à la pointe du cap).

5 - Cette plage est visible de loin et constitue un bel endroit de bivouac. Un abri en bois ouvert avec plancher peut accueillir de nombreux couchages. Tranquillité garantie.

6 - Belle plage pour le bivouac. Un grand porche permet d’être à l’abri en cas de pluie.

7 - Tha Len : Ce petit village se trouve au débouché d’une rivière importante que l’on peut remonter sur plusieurs kilomètres (mangrove). Plusieurs centres de location de kayaks se sont installés ici, ce qui explique la présence de nombreux sit on top dans les environs. Au nord-ouest du village, le long de la plage, sous de grands cocotier se trouve de sympathiques bungalows (Coconuts Bungalows).

8 - Juste en face du port, en longeant les falaises en direction de l’est, on rencontre le débouché d’une rivière encadrée de hautes falaises calcaires. La visite vaut le détour. A faire le matin avant 10 h ou le soir après 17 h00 à cause des embouteillages de sit on top…

9 - Archipel de Ko Pak bia : Ce petit groupe d’îles offre quelques beaux coins de bivouac à éviter en journée à cause de la fréquentation. L’île « 9 » est habitée par des chasseurs de nids d’hirondelles et des pêcheurs. Ils peuvent vous vendre du poisson et des bières et fournir de l’eau douce. Falaise d’escalade équipée pour les grimpeurs…

10 - Plus au nord, deux îles sont séparées par un banc de sable. Elles ne sont pas habitées et le bivouac est possible. Toutes les autres îles méritent une visite et l’on profitera des heures chaudes de la journée pour jeter un œil au récif corallien.

11 - Ho kong : Cette île est la plus grande mais aussi la plus touristique des îles de l’archipel. L’accès à la plage principale (cote est) est payant (parc naturel), et on lui préferera celle située plus au nord, à l’embouchure d’une gorge qui mène à un surprenant lagon accessible à marée haute. La plage n’est pas très large, et il faudra prendre soin d’anticiper la marée avant d’installer son couchage.

12 - Ao Siaw : Cachés par une végétation luxuriante, les « Pine Bungalows »sont une bonne adresse pour manger et passer la nuit. Mais attention à marée basse, le débarquement est problématique (cailloux).

13 - Ao Nang est un village situé de part et d’autre d’une rivière dans laquelle se situe un port touristique sans grand intérêt. Les commerces sont en rive gauche, et accessible par la route ce qui explique la fréquentation importante. En revanche, en rive droite on trouve des bungalows assez bon marché (Andaman Inn bungalows). On y accède, à marée haute, par la grande plage qui occupe le fond de la baie. A marée basse, celle-ci se découvre sur plus de cent mètres….

14 - Les plages de Krabi (Tonsai Beach, Railay Beach, Sunrise Beach) constituent l’endroit le plus touristique du secteur. Les grimpeurs ont colonisé les falaises, les plages sont bondées et le trafic maritime est important. Malgré tout, c’est superbe…

15 - Possibilité de bivouac dans un grand porche, loin de l’agitation touristique.

16 - Khao Ao Nang : Petit village accessible à marée haute. Restauration et commerces.

17 - Port de Krabi

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Le parc de Khao Sok

Le parc naturel de Kao Sok couvre une jungle montagneuse dont les vallées ont été partiellement noyées suite à la construction d’un barrage hydroélectrique. Il en résulte un lac qui totalise 160 km de longueur. Il se situe au nord de Phuket.

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Le lac de Khao Sok vu d'un sommet

Pour profiter pleinement du site il est préférable d’être accompagné d’un guide qui connaît les plus beaux endroits, la faune et la flore ainsi que l’accès à certains sentiers. Pour la logistique, nous étions dans un ensemble de minuscules bungalows qui flottaient sur l’eau avec juste une maison sur pilotis pour manger face aux montagnes émergeants de l’eau. Ici les touristes sont rares, pourtant c’est un endroit magique pour du kayak contemplatif…

  • Budget global approximatif :

Forfait 3 jours (transport Phuket-Kao Sok compris) : 268 €

  • Liens :

Guidage et location de kayaks : http://www.paddleasia.com/

Site officiel du parc : http://www.khaosok.com/

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08 juillet 2006

Le long des côtes de Lycie (juillet 2005)

Turquie05_081Pour cette navigation le long des côtes de Lycie, nous sommes partis à 2 en louant des kayaks sur place. La logistique avant et après notre randonnée était assurée par notre loueur (Ekomarin sea kayak center) : navettes aéroport, prêt de cartes, navette retour etc... Vu le temps dont nous disposions, nous avons regretté de n'être pas parti un peu plus à l'ouest. Cependant, la chaleur à cette période de l'année ne permet pas de réaliser de grandes étapes sauf en naviguant très tôt le matin ou tard le soir.

  • Mardi 12 juillet 2005

Nous sommes arrivés à l’aéroport de Dalaman dans la nuit et un minibus nous a emmenés au lieu de départ ou nous avons passé la nuit dans une petite pension de famille sur le front de mer.

Gocek est un petit port touristique qui a gardé un certain cachet. En attendant nos kayaks, nous allons faire nos emplettes dans un petit supermarché. En une heure c’est bouclé. Nous retrouvons à 10h Gokhan et Diarmuid qui nous apportent les kayaks et le matériel. Nous faisons le point sur l’itinéraire et globalement, ils ont l’air plutôt sérieux et soucieux des problèmes de sécurité. Ils nous regardent nous préparer, nous aident à compléter nos réserves d’eau et semblent envieux quand nous partons vers 12h. Pour leur travail, ils ne partent pas pour de longs périples, et nous ne sommes pas surs qu’ils connaissent vraiment la cote que nous allons suivre. Ils viennent de Kas, beaucoup plus à l’est.

Comme rien ne presse, nous faisons le tour de l’île de Gocek avant de nous arrêter sur une grande plage de sable sombre où coule un petit ruisseau. C’est moyennement propre, mais vu notre manque de sommeil, nous ne sommes pas trop difficiles.

Pour terminer la journée, nous effectuons quelques exercices de sécurité pour tester nos kayaks (des Necky kyook).Sandrine s’entraîne à remonter dans son bateau, et Patrick se risque à quelques esquimautages et ça marche !Par contre du coté pêche, c’est l’échec total. Les fonds ont l’air assez dévastés et la faune plutôt rare. Sur la plage nous repérons plusieurs traces de tortues qui sont venues pondre.

Nav : 13km

  • Mercredi 13 juillet 2005 :

Nous démarrons vers 8h. La mer est calme et nous avançons bien. Le rivage en direction de Fethiye paraissant très monotone, nous mettons le cap sur les îles Adalari.  Le vent se lève au cours de la traversée. Nous contournons la première île et faisons une pause sur la plus grande. Nous montons au sommet profiter du paysage, surplombant le phare du cap avec son port minuscule pour y accéder. Le vent ce secteur W SW ne faiblit pas, bien au contraire, il atteint force 5 et nous préférons en rester là pour aujourd’hui, surtout qu’il y a une crique accueillante pour bivouaquer. Il y a beaucoup de bateaux de touristes mais vers 18h 30, ils disparaissent pour la plupart. Il reste cependant des bateaux de croisière et Sandrine doit mettre des boules quies pour pouvoir dormir.

Nav : 18km

  • Jeudi 14 juillet 2005:

Réveil à 5h. A 6h, nous sommes dans les kayaks et après avoir doublé le cap du phare de l’ile, nous entamons la traversée en direction de la rive opposée. Il n’y a pas de vent mais une houle résiduelle peu gênante. Nous avançons bien, et à cette heure là nous ne souffrons pas de la chaleur.

Plus nous avançons, et plus les falaises sont escarpées. De nombreuses grottes peu profondes jalonnent la navigation. Les abris sont rares, et à partir du cap Boz inexistants. Nous pensions en trouver un au fond de la baie d’Açikadia mais il n’y a aucun refuge et nous sommes contraints de poursuivre la navigation. Sandrine commence à accuser le coup, mais nous n’avons guère d’autre issue que d’avancer. Soudain deux bruits sourds avec comme une secousse semblent provenir du fond de nos embarcations. Cela fait une drôle d’impression. Un peu plus loin, un poisson mort flottant à la surface de l’eau et une barque au loin nous font supposer que la pêche à l’explosif a encore des adeptes. La météo est bonne et il faut en profiter bien que nous ayons pu accoster difficilement dans une crique rocailleuse. Nous repartons vers 11h. La mer est formée, mais il n’y a pas de vent. Le cap est austère, mais la suite est superbe avec de hautes falaises calcaires percées de nombreuses cavités. Brusquement de bleu foncé, l’eau devient turquoise et nous naviguons dans un bleu lumineux, très clair. Plus loin, nous entrons dans une vaste grotte hélas trop courte pour nos goûts de spéléologues.

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Après 6h de navigation, nous parvenons de l’autre coté de la presqu’île des 7 caps. Comme tous les endroits protégés, il y a de nombreux bateaux. Nous installons notre campement sous un petit bois de pins et d’olivier et Sandrine se remet de sa fatigue dans son hamac. Pour la sieste à l’ombre, cette cote est idéale, car il y a partout des pins et des oliviers.

Nav : 26 km

  • Vendredi 15 juillet 2005:

Nous embarquons vers 7h, assaillis par des guêpes belliqueuses et tenaces et même sur l’eau, il faut se défendre à coup de pagaie. La mer est bien formée, mais rien de très alarmant. Le baromètre est stable, et des échanges de SMS avec l’agence nous renseignent en cas de problèmes météo.

La cote est assez belle, variée et l’eau change sans cesse de couleur .Dans la baie de Olu Denni, elle devient turquoise mais parallèlement, une route arrive et la plage est couverte de transats qui attendent les touristes. Pédalos, sonos et animations nous font fuir. Nous allons vers le sud et croisons ce qui nous semble etre un village. Quelques courses seraient les bienvenues. En fait, c’est plutôt un immense village de vacances et à peine débarqués nous sommes refoulés par un Taras Boulba musclé qui nous précise que c’est privé. Nous repartons donc pour finalement débarquer sur la plage d’une plaine d’un km qui entaille la montagne haute de plusieurs centaines de mètres. Les falaises ocres et grises sont impressionnantes et encadrent cette plage accueillante. C’est le lieu dit la vallée des papillons. Aucune route n’y arrive. Changement de décor et aussi de standing. Ici, tout semble orchestré par une communauté de Baba-cool qui tiennent une buvette et un petit restaurant, et aussi un club de plongée. Il y a aussi des chèvres et tout un tas de cultures bien irriguées grâce au ruisseau qui vient de la montagne. Nous posons les kayaks sur la plage déjà bien occupée par des campeurs de tous poils. Nous allons ensuite remonter la rivière qui finit sur un canyon puis nous montons en haut des falaises par un sentier pittoresque et escarpé qui mène à un village et une route. Pas d’épicerie en vue mais un bar et une vue magnifique.

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La vallée aux Papillons

Le soir, nous campons sur la plage après une grande bière prise au bar. Compte tenu du nombre d’allemands, il n’y a que des grands modèles.

  • Samedi 16 juillet 2005 :

Départ 6h30. Nous doublons le cap Ak sans trop de vent ni de houle. Vers 9h, nous décidons de faire une petite pause sur une plage accueillante aux eaux turquoise. Pas assez attentif, Patrick se fait retourner au débarquement et les affaires mises dans l’hiloires et sur le pont passent à l’eau. Tout ce qui flotte est vite retrouvé, mais pas son appareil photo étanche qu’il avait autour du cou. Durant plus d’une heure et demie nous allons plonger en apnée sur le lieu du naufrage, mais rien n’y fait. Le moral en prend un coup et nous repartons un peu morose essayant de relativiser la mésaventure malgré tout. La cote reste très variée, avec des falaises et de petites grottes. Après le cap Kotu, nous nous arrêtons dans la baie. Il faut hisser les kayaks sur des blocs faute de plage suffisante. Nous dormons sur d’anciennes terrasses à coté d’une citerne et sommes encore harcelés par les guêpes pendant nos repas ce qui nous stresse un peu malgré les douceurs au menu.

  • Dimanche 17 juillet 2005 :

Réveil à 5h15. Nous embarquons encore dans la précipitation à cause des guêpes.Nous mangerons le pain perdu cuisiné la veille par Sandrine un peu plus loin dans les kayaks. Un petit vent d’Ouest s’est levé, mais il n’est pas trop gênant. La cote continue à etre assez hostile, les abris sont rares. En contrepartie, c’est superbe, et les falaises nous donnent envie de grimper tellement le rocher rappelle celui des calanques. Dans la baie de Gemilog, nous entrons dans une grotte aux reflets bleu lumineux. L’eau semble phosphorescente et les mouvements des pagaies accentuent cet étrange éclairage. Après le cap Yassi, d’autres grottes, dont une majestueuse avec un porche de 20m de haut.. Nous faisons une pause dans un porche peu profond à l’abris de la houle. Je m’essaie à l’escalade pendant que Sandrine explore les fonds. Vers 12h, changement de décor, nous arrivons à l’immense plage de Patara.. Nous nous arrêtons à son début, à l’embouchure dune jolie rivière. Hélas, l’endroit est très touristique et une horde d’enfants nous entoure. Nous repartons bien vite vers l’est après nous etre un peu dessalés dans l’eau douce pour trouver un endroit plus isolé .Le vent souffle nettement plus fort et de petits rouleaux déferlent sur la plage. Nous renonçons à aller visiter la rivière Essens car il y a vraiment beaucoup de monde. Nous continuons à longer la plage sur près de 7km et repérons enfin l’arbuste qui nous offrira un peu d’ombre pour notre bivouac. Enfin seuls.. Petits exercices de surf sur les rouleaux. C’est l’occasion, la mer est chaude, la pente homogène.

Nuit dans les dunes qui s’étalent sur des km avec à l’horizon les montagnes.

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  • Lundi 18 juillet 2005 :

Nous prenons la mer vers 7h. La plage est terriblement longue, mais nous jouissons de la lumière de l’aube qui colorie les dunes dans des teintes pastel allant du rose au jaune. Enfin, le cap est atteint. Nous visitons de jolies grottes puis la cote devient plus ébouleuse et moins spectaculaire. Jusqu’à Kalkan, la navigation est monotone et heureusement quelques luxueux bateaux distraient notre attention.

Kalkan est une petite ville très touristique mais le port est agréable et nous incite à faire des courses. Ensuite, la cote reste assez austère. Quelques grottes nous permettent de nous mettre à l’abris du soleil et de profiter de la fraîcheur apportée par des résurgences d’eau douce. Cependant nous ne voyons aucun endroit pour accoster et les bras sont de plus en plus lourds. Seule une plage en contrebas de la route peut nous permettre d’aborder, mais elle est envahie. Nous faisons le tour de l’île de Saribelen, mais elle est inabordable, défendue par des lapiaz acérés. Nous nous replions donc vers la plage de Kapitas et attendons la nuit pour monter notre moustiquaire. Comme chaque fois que nous sommes près d’une route, il y aura beaucoup de bruit, mais personne ne nous importunera.

  • Mardi 19 juillet 2005 :

La nuit ayant été courte à cause des promeneurs matinaux, nous reprenons la mer à 6h30. L’étape jusqu’à Kas est assez fastidieuse malgré quelques grottes. Nous arrivons après 4h30 de navigation. La ville est plutôt jolie. Nous prenons contact avec Ekomarine, notre loueur de kayaks. Murat Draman, le patron, est sympathique et passionné par sa région. Un de ses guides nous aide à préparer la suite de notre périple. Cela sera beaucoup plus cool, la fatigue se fait sentir et nous prévoyons des étapes plus courtes, d’autant qu’il y a plus de possibilités de bivouac.

Repas au restaurant, glaces et bières à gogo, et nous repartons dans l’après midi pour dénicher un petit bivouac très confidentiel dans une ancienne petite maison ouverte sur la mer dans la baie voisine.

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  • Mercredi 20 juillet 2005 :

Grasse matinée et départ à 8h. Nous quittons la baie et gagnons les îlots d’Heybeli pour une petite baignade avec vue sur de jolis fonds, mais nous restons peu de temps car au loin de nombreux bateaux de plongeurs arrivent. En passant de l’un à l’autre, nous nous rendons compte que nous sommes à portée de pagaie de l’île grecque de Castellorizo. Bien que nos partenaires Turques nous aient dit qu’il était interdit d’y aller, nous n’hésitons pas une seconde . Arrivés au port, nous apercevons bien un poste militaire, mais, comme on ne nous demande rien, nous partons visiter. Le décor est totalement différent et nous retrouvons le style grec avec ses murs blancs, ses ruelles étroites et ses fenêtres colorées. Nous traînons dans le village puis montons au sommet de l’île qui offre une vue panoramique sur l’archipel environnant et la baie de Kras. Nous avons plaisir à marcher et a faire un peu de dénivelé malgré la chaleur. La terre a l’air bien pauvre. Il y a peu d’arbres, beaucoup de lapiaz et de petites parcelles gagnée sur les champs de pierres.

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Castellorizo

Avant de repartir du port, nous achetons quelques produits locaux, en, particulier du Raki qui nous rappelle nos séjours en Grèce. Nous trouvons un bivouac dans d’anciennes carrières situées au bord de l’eau près du cap nord de l’île et qui nous offrent de belles terrasses horizontales ou nous installer. Des adolescents du village viennent nous faire une démonstration de sauts et plongeons du haut de la falaise. L’un d’eux est français et nous bavardons un peu.

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Les îlots d'Heybeli et la baie de Kas (au fond) vus depuis le sommet de l'île grecque de Costellorizo. Le bivouac se situe dans l'anse visible à droite du ferry.

  • Jeudi 21 juillet 2005 :

Nous prenons la mer vers 7h.Il n’y a pas de vent et nous commençons à longer l’ile par sa cote Nord est afin de trouver une grotte renommée : la grotte bleue. Les jeunes de la veille nous ont très vaguement donné sa localisation, mais au bout d’une heure et demie de pagaie sous d’immenses falaises nous abandonnons et faisons demi tour.

Nous nous arrêtons à nouveau sur une des îles Kovan et plongeons pour aller voir un canyon indiqué par Murat. C’est beau, mais la faune est limitée. Nous souffrons un peu de la chaleur pour rejoindre la cote et trouver une plage au fond de la baie de Cobanburnu. C’est un endroit très protégé, bordé par deux îlots et occupé par un ensemble de bâtisses laissées à l’abandon. Nous profitons de la terrasse et de l’ombre pour nous installer. Il fait de plus en plus chaud et nous sommes KO. Une sieste s’impose.

Une famille de pêcheur vient se mettre à l’ancre face à nous dans la baie en attendant le crépuscule, pour aller pécher ou relever les filets. Comme souvent, quand nous voyons des barques, ils nous font un petit bonjour de loin.

Nav : 14km

  • Vendredi 22 juillet 2005 :

Départ 7h 30. La cote est désormais plus monotone. Coté pêche, après avoir changé pour l’énième fois de type de ligne, je commence à désespérer…

Derrière le cap Ulu, nous retrouvons quelques falaises puis un petit canyon qui nous préserve un moment du soleil. En face de l’île Kormen, nous nous arrêtons dans une autre gorge propice à un bivouac. Le vent se lève et quand nous repartons, la mer commence à être hachée. Il forcit de plus en plus et nous pousse vers le fond de la baie. Celle ci est encadrée par d’imposantes ruines en partie immergées. Nous nous installons dans l’une d’elle à l’abri du vent et du soleil.. Après la sieste devenue quotidienne, nous montons visiter les vestiges qui se dressent au-dessus de nous. Au milieu des oliviers, surgissent des tombeaux taillés dans la masse, des murs, et des blocs cyclopéens qui devaient faire partie des fortifications. Quelques sarcophages sont en partie immergés.

Vers 17h, nous décidons d’aller de l’autre coté de la presqu’île ou on nous a indiqué un restaurant. En 20mn de traversé au milieu d’une terre complètement desséchée, nous arrivons vers deux restaurants sur pilotis. Au menu, poisson grillé, salade et frites. Le tout avec une bière que nous apprécions tout particulièrement. Comme partout, les hôteliers sont charmants. Ils viennent s’installer avec nous pour manger de la pastèque. IL faut dire que nous sommes les seuls clients, malgré les drapeaux de tous les pays installés en guirlande pour attirer les touristes. Retour dans notre ruine vers 20h30 à la tombée du jour.

Nav : 14km

  • Samedi 23 juillet 2005 :

Le vent s’est calmé. A 6h30, nous sommes sur l’eau. Nous faisons tout le tour de la presqu’île de Sicak. Il n’y a aucun véritable abri et nous sommes heureux de bénéficier de bonnes conditions. En 2h30, nous atteignons l’île de Kara qui marque l’entrée de la baie d’Oludeniz, entre l’île de Geykova et le continent. Nous allons visiter un autre site archéologique déjà assailli par les bateaux de touristes. Nous nous replions donc bien vite sur Kara, déserte. Nous bullons toute la journée : ballade, plongée et faute d’être bien chaussé Patrick tombe et se lacère les jambes et la plante des pieds. Heureusement, même si c’est douloureux, c’est superficiel. Comme d’habitude le vent a forci en fin de matinée nous dissuadant d’aller visiter la cote extérieure de l’île de Geykova. Ce sera pour la fin de journée.

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  • Dimanche 24 juillet 2005 :

Nous mettons le cap sur Uçagiz. C’est l’un des principaux points de départ des bateaux touristiques. Il y a quelques magasins, mai surtout des échoppes de souvenirs. Vu l’heure, nous nous laissons tenter par un repas au restaurant, le menu choisi est toujours le même : poisson, pomme de terre, salade. Nous trouvons ensuite un bivouac au fond de la baie. C’est un peu vaseux mais très calme.

Nav : 12km

  • Lundi 25 juillet 2005 :

Sandrine est un peu brassée. Est ce le repas de la veille ? Nous quittons la baie alors que la marée pourtant faible commence à découvrir les plages d’argile rouge transformant la zone en bourbier. Nous nous arrêtons à Kalekoy. Ce superbe village de pécheurs est dominé par une forteresse byzantine en ruine. Du sommet, nous pouvons voir toute la baie et nous en profitons, car vu l’heure matinale, nous sommes les premiers touristes. Nous continuons à longer la cote vers l’est et au niveau de l’île de Kisneli, nous traversons pour rejoindre l’extrémité de l’île de Kekova et jeter un œil derrière le cap sur la cote extérieure. Le vent et la houle nous font renoncer et nous nous replions sur la visite des îles plus protégées mais dont les criques sont envahies par les bateaux de croisière.. Nous finissons par trouver un bon lieu de bivouac sous le village de Kapaski, dans le fond d’une gorge étroite inoccupée.

Nav : 14km

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Le village de Kalekoy

  • Mardi 26 juillet 2005 :

C’est notre dernier jour de navigation, et il ne reste que quelques km avant la plage d’Andraike. Nous embarquons tranquillement. La cote n’a pas grand intérêt. A l’entrée de la baie, nous nous enfilons dans l’embouchure d’une jolie rivière bordée de palmiers et de lauriers roses. Plus en amont, le cours d’eau serpente dans un dédale de roseaux. Nous progressons de quelques km jusqu’à ce que la végétation barre complètement le passage… Nous nous rendons ensuite au port ou les bateaux de touristes commencent à faire une longue farandole en direction de Kekova. Comme le rendez vous est fixé au lendemain, nous avons encore le temps d’aller voir la cote plus à l’est. En fait, c’est monotone, les camps de vacances commencent à être nombreux et le vent forcit si bien que nous nous replions sur la visite de la seconde rivière qui se jette dans le port. Ce n’est pas très intéressant, plutôt le genre canal et elle longe une route. Nous finissons par aller nous installer au débouché de la première rivière qui offre un beau coin de bivouac avec dunes, pins et de l’eau douce pour rincer le plus gros du matériel.

Nav : 10km

  • Mercredi 27 juillet 2005 :

L’agence vient nous chercher au port et nous emmène à la ligne de bus la plus proche ou nous pourrons rejoindre Antalya et prendre notre avion.

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Posté par explocaf73 à 15:09 - TURQUIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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