Jeudi 8 juillet :

Stéphane, guide dans l’agence qui nous loue les kayaks, nous a réservé une nuit à l’hôtel près d’un supermarché. En attendant d’avoir de ses nouvelles nous allons faire nos courses. Il nous rejoint et s’occupe de nous aider dans les derniers achats et préparatifs : alcool, cartes, annuaire des marées, location de VHF. Nous allons ensuite voir les kayaks et commençons leur chargement. Nous ne sommes pas autorisés à partir dans la foulée car la location commence le lendemain. Il nous emmène donc dans une petite aire de camping à quelques km.

Vendredi 9 juillet

Stéphane nous récupère et nous emmène à notre point de départ. Nous embarquons vers 10h. Le temps est couvert, mais il ne pleut pas. Le Malaspina Inlet est un long chenal bordé d’îles. Dommage qu’il y ait autant d’exploitations d’ostréiculture. A mi parcours, la pluie commence à tomber et c’est le moment choisi par les phoques pour faire leurs premières apparitions. Nous voyons aussi notre premier aigle à tête blanche qui est l’emblème de la région. A la sortie du Channel, un rayon de soleil nous accueille le temps du repas. Nous nous arrêtons sur une plage de galets. Nous testons la purée lyophilisée qui de par leur emballage où on peut mettre l’eau chaude sont très pratiques et très bonnes. En face de nous, une troupe de phoques se prélassent et s’amusent autour d’un minuscule récif. Nous repartons avec la pluie qui devient très dense. Nous longeons Kinghorn Island (infestée de ratons laveurs) et mettons le cap sur Martin Island ou nous installons notre bivouac. Pour monter les bateaux, nous utilisons les nombreux morceaux de bois flottés pour faire glisser les kayaks sur ces rondins. La pluie cesse peu à peu et nous pouvons manger dehors sous notre poncho tendu entre deux arbres. Un écureuil peu farouche nous tient compagnie. (20km)

Ecureuil02

Samedi 10 juillet :

Le temps est couvert et il ne pleut pas. Ayant pris conscience des limites de notre poncho pour faire un abri repas, nous décidons d’aller à Reuge Cove pour tenter de trouver une bâche à l’épicerie.Le petit port très pittoresque compte un café et un commerce polyvalent où nous trouvons la classique bâche bleue. Nous voici donc prêts à affronter les intempéries. Mais, la météo s’améliore et le soleil commence à faire de timides apparitions. Nous décidons d’aller nous installer sur l’une des îles de Curme. La première est déjà prise. La seconde nous offre un magnifique petit belvédère qui domine Désolation Sound. Nous installons notre tente et remettons un peu d’ordre dans les affaires encore trempées de la veille. Il fait beau et nous en profitons dans cet endroit idyllique.

Vers 17h, un couple de canadiens nous demande l’autorisation de s’installer sur la butte voisine. Pas de problème pour nous. 16km

RefugeCove02     Ile_Curme04

Dimanche 11 juillet

Il a plu durant la nuit. Le ciel est couvert. Nous laissons le bivouac installé et mettons le cap à 8 h direction Tenedos bay. Il n’y a personne sur l’eau et au passage nous faisons un petit détour par un récif découvert repéré par Sandrine. Une colonie de phoques occupe le terrain, mais ils déguerpissent à notre approche. Nous les observons longuement, ils jouent à cache-cache et nous suivent dans notre progression. Nous débarquons au fond de la baie à l’embouchure d’un ruisseau provenant d’un lac. Un sentier nous y conduit. Nous empruntons ensuite un autre petit chemin dans la forêt humide inextricable. Il n’y en a pas beaucoup et nous en profitons dès que l’occasion se présente car autrement aucune randonnée n’est possible. Au bout d’une bonne heure de marche, nous faisons demi-tour désespérant de trouver un belvédère pour avoir un peu de vue. Un couple de kayakistes ventrus nous attend sur la plage et nous informe qu’un animal a dévoré notre réserve de bombons et de chocolat laissant les papiers au large. Nous avions oublié de fermer nos hiloires et le matin, avions mis une partie des sucreries dans un petit vide poche de l’hiloire par flemme de rouvrir un coffre. Nous sommes dégoûtés, le chocolat c’est sacré, et ici, il est hors de prix. Cela nous servira de leçon, mais du coup, nous avons un doute pour nos réserves de nourriture laissées au campement. Nous y retournons dare-dare et tombons sur les Canadiens qui s ‘apprêtent à partir. Devant nos malheurs, ils nous offrent 2 tablettes de chocolat. C’est beau la solidarité… Dans leur coffre, il y a aussi 2 bouteilles de whiskies, deux bouteilles de vin, du Belley… pour quelques jours de randonnée seulement. Nous comprenons mieux leur réveil tardif.

L’après midi, nous allons naviguer dans l’archipel des petites îles de Prideau Haven et de Mélanie Cove. Sympa, mais très occupé par les plaisanciers. 25km

Lundi 12 juillet :

Nous nous sommes couchés tôt, et du coup, le réveil se fait à 5h45.Nous quittons avec regret notre île et embarquons vers 8h sous un soleil radieux. Pour la première fois, nous voyons les hauts sommets enneigés qui s‘élèvent au-dessus d’Homfray channel. Nous allons visiter au passage la Roscoe bay qui est un étroit chenal donnant à un lac à l’eau très douce. 5 min de marche permettent de s’y rendre. Nous poursuivons ensuite la remontée du Channel en longeant la rive ouest agrémentée de quelques îles. C’est un peu monotone, et il y a souvent des élevages d’huîtres constitués de flotteurs plastic son peu esthétiques. Vers 15h30, nous parvenons enfin à Walsh cove, un superbe endroit bordé de falaises sombres et occupé par trois îlots dont le plus confortable accueillera notre bivouac. Un groupe de 5 kayakistes avec un guide nous rejoint quelque temps plus tard. 28km

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Mardi 13 juillet :

Nouveau réveil matinal. Départ à 8h La sortie plus étroite du channel ne pose pas de problème de courant. Par contre, quand nous traversons le Pryce Channel, en direction de Toba, le vent se lève un peu. Il forcit lorsque nous longeons la rive sud de Toba inlet. Vent contre marée, ce n’est jamais très bon… Nous en bavons un peu pour gagner une baie ou nous accostons vers midi. Il s’agit d’une ancienne exploitation forestière ravagée par les crues du ruisseau qui l’occupe. Il ne reste guère plus qu’une maisonnette à moitié effondrée, digne de celle de la ruée vers l’or de Charlie Chaplin. Toba Inlet n’est pas très fréquenté, et les bateaux sont rares. Nous repartons en amont, le vent s’étant un peu calmé. A Snout Point, nous décidons de changer de rive et de faire demi tour, car aller au bout du fiord semble assez fastidieux et les bivouacs sont rares. Nous revenons sur Brem bay, occupée par une importante entreprise de débardage. Malheureusement, la zone est marécageuse à souhait et il n’y a pas possibilité de bivouaquer sinon au milieu de l’aire de débardage. Nous croyons à notre bonne étoile et repartons. Nous commençons à en avoir plein les bras, et pour clôturer le tout, nous nous retrouvons avec le vent dans le nez. Nous trouverons enfin un providentiel campement avec juste la place pour la tente dans le lit chaotique d’un gros torrent après avoir parcouru près de 35km. Nous apercevons dans le limon des traces qui ressemblent à celles d’un ours, et ne sommes pas très rassurés. Nous laissons toute la nourriture dans les kayaks, mais est ce une bonne idée ?

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Mercredi 14 juillet :

Il ne s’est rien passé durant la nuit. Il fait grand beau, et nous traînons jusqu’à 6h30… Ensuite, grand nettoyage : douche, rasage et lessive dans le torrent. Départ à 10h. La mer est plate et nous avançons bien, Sandrine rasant de près la rive comme à son habitude. Tout d’un coup, un ours la fait sursauter et s’écarter à toute vitesse. Il s’agit d’un beau spécimen d’ours brun, mais il ne demande pas son reste et s’enfuit dès qu’il nous voit. Plus loin, la cote devient plus variée, et le long de belles falaises, nous profitons de la vue de cascades spectaculaires.

Vers 15h, nous parvenons à l’île Elisabeth. Un emplacement de bivouac nous tente, mais il est encore tôt et nous sommes en forme. Nous mettons le cap sur l’îlot situé vers la rive opposée puis sur l’île de la pointe Connis. Dans les deux cas, le bivouac semble délicat. Les îles sont très escarpées. Nous poursuivons dans le Deer passage en espérant nous installer dans Redonda bay. Finalement, nous trouvons un endroit un peu avant. Le soleil tape dur mais le site est joli. 27 km

Jeudi 15 juillet :

Lever 6h, il fait toujours très beau. Nous continuons à longer la cote en direction de Redondo bay. Celle ci est occupée par une exploitation ostréicole et par une importante infrastructure de débardage. Autant dire que ce n’est pas un campement idéal. A la sortie de la baie, nous mettons le cap sur les îles ‘Rendez vous`. La première abrite un superbe lieu de bivouac où nous trouvons un groupe de 10 kayakistes prêts à repartir. Nous longeons les falaises de la première île et dérangeons une colonie de phoques. La seconde île est plus petite, et il y a des petites maisons. Nous contournons la troisième par l’extérieur, occupée par de belles villas de styles très différents. Certaine paraissent délabrées, ravagées par les intempéries, alors que d’autres font figures d’hôtel quatre étoiles. Lorsque nous entrons dans le White rock passage, le vent s’est levé, et ralentit notre progression. Juste avant de traverser le chenal pour atteindre l’île Goepel; nous rencontrons un véritable fleuve du à la marée. Nous arrivons à traverser sans problèmes malgré notre peu de technique rivière. Arrivés à l’envers de l’île, nous découvrons un des plus beaux coins de bivouac de notre séjour. Seulement, pour l’atteindre, il faut à nouveau franchir un véritable rapide. Nous tirons les kayaks depuis le bord, c’est plus facile.

Le soir, pendant que Sandrine fait cuire des pan cakes, Patrick essaie de comprendre le rythme des marées et des courants qui s’inversent sans tenir compte des infos fournies par les cartes. Petite promenade sur l’île, longue discussion avec un écureuil peu farouche et rêverie devant le paysage de rivière tumultueuse. 28km

Vendredi 16 juillet :

Le temps est couvert, mais cela ne dure pas. Nous sommes réveillées par toute sortes de bruits d’animaux dont le plus bruyant est notre voisin l’écureuil. Patrick croise plus tard un daim qui a élu nous ne savons pas comment domicile sur l’île. Nous laissons le bivouac installé et partons à marée descendante pour un petit tour du coté de Waiah bay. Nous ferons demi tour avant d’arriver dans la zone ou des tourbillons sont marqués sur la carte. Il y a du courant, mais cela passe bien et nous franchissons la gorge sans encombre. Sur la rive est, nous pagayons le long de quelques îles puis le paysage devient plus monotone. Dans la plupart des baies, de petites maisons de pécheurs occupent le terrain. Il est donc bien difficile d’accoster, mais nous prenons plaisir à contempler le fruit de l’inventivité des amoureux de la nature qui se sont installé ici.

Après avoir contourné les îles Octopus, nous entrons dans Waiatt baie. Des petits chenaux protégés par un chapelet d’îlots servent de refuge à quelques voiliers. Avant le fond de la baie, nous faisons une petite pause casse croûte. Sandrine en profite pour ramasser quelques belles palourdes qui agrémenteront le repas du soir. Le fond de la baie est une plage vaseuse qui se prolonge par un sentier rejoignant une baie affluente de Discovery passage. La forêt est superbe, mais nous ne nous attardons pas car la marée monte et nos kayaks ne sont pas bien protégés. Retour au bivouac en profitant un peu du courant malgré le vent contraire. 30km

Samedi 17 juillet :

Beau temps. Nous plions tranquillement notre bivouac et embarquons vers 9h. Le courant est contre nous dans l’Hoskyn Channel, mais en longeant la cote, les contre courantsnous aident. Sur la rive, nous faisons fuir un daim et son petit. Nous croisons un kayakiste avec qui nous discutons un peu. De temps en temps, de petites maisons de bois isolées. A l’approche de Conville bay, nous découvrons un panorama très différent, largement ouvert sur les montagnes de l’île de Vancouver. Petit détour par le Crescent channel qui contourne Bold island. C’est joli et varié. Nous entrons ensuite dans Village bay ou nous laissons les kayaks pour aller voir le lac du même nom. Le début du sentier est assez difficile à trouver (rive gauche du ruisseau) mais le décors est très sauvage. Le lac semble être une immense piscine naturelle. L’eau y est douce et une route permet d’y accéder par le centre de l’île. Nous en profitons pour refaire le plein d’eau puis nous mettons le cap vers Hériot bay. Seul sur son bateau, un vieux monsieur déchiffre laborieusement une partition et joue de la flûte. La 9° symphonie de Beethoven marquée par chaque note résonne dans la baie. Au moins là, il ne risque pas de casser les oreilles de ses voisins. Heliot bay est un bourg assez touristique. Le trafic des hors bords est plus dense et plus bruyant. Sur place, nous trouvons un supermarché ou nous rachetons des vivres. Nous ne nous attardons pas, et délaissant le camping bondé nous allons nous installer sur l’île Breton, au milieu de la baie. Il y a quelques canettes qui traînent sur la plage, c’est la première fois que nous trouvons des ordures. Le temps se couvre un peu. 27km

Dimanche 18 juillet :

Le ciel est couvert, les moustiques ont envahi le double toit et nous traînons au lit jusqu’à 7h30. Nous embarquons finalement avec la ferme intention de faire une petite journée. Le soleil revient peu à peu et nous rejoignons Read Island sur une mer sans ride. La cote est assez découpée et sur un petit récif découvert à marée basse, nous surprenons une colonie d’une dizaine de phoques qui hésitent à se remettre à l’eau.

Nous nous arrêtons plus loin dans Lake bay qui communique avec un lac par un ruisselet que nous ne remontons pas faute de sentier. Cependant, il coule assez pour que nous en profitions pour faire toilette et lessive. Il était temps. Nous repartons en début d’après midi, tout beaux tout neufs avec la ferme intention de nous poser dès que possible. Dans Burdwood bay, après les îlots, nous trouvons un endroit à notre goût avec quelques vestiges d’aménagement. Petite ballade sur le sommet de la colline voisine et nous nous couchons vers 21h. Le vent se lève. 10km

Lundi 19 juillet :

Le vent a soufflé très fort cette nuit. Des rafales avec de violents pics nous ont réveillés à plusieurs reprises. C’est très impressionnant, nous avons l’impression que la forêt va nous tomber sur la tête. Il ne pleut pas, mais la mer est agitée. Nous plions quand même, mais au moment de charger, le vent forcit à nouveau. Nous laissons tout en plan et partons faire un tour à pied vers le centre de l’île. Rapidement, nous tombons sur une belle piste carrossable qui finit par rejoindre la baie Evans située plus au nord. Là, nous parvenons à une concentration de petites maisons ou nous faisons la connaissance de Mike, un sexagénaire jovial qui prépare sa future retraite en aménageant le site d’une future cabane. Pendant que nous essayons de converser, moi dans un anglais très approximatif et lui à la façon américaine (un chewing-gum dans le fond de la bouche), Sandrine discute avec des plaisanciers pour avoir la météo. Le vent devrait se calmer. Sur ce, nous retournons à nos kayaks et embarquons dans un bon force 5 dans la figure. Plus loin, cela ne s’arrange pas et nous envisageons même de nous arrêter. Malheureusement, il n’y a pas de bivouac très accueillant, et nous continuons notre route pour arriver dans la troisième baie ou nous trouvons enfin un îlot. Le vent souffle toujours aussi fort puis se calme dans la soirée.

Mardi 20 juillet :

Réveil à 6h. Le vent s’est calmé mais le ciel est tout gris. La faible progression des jours derniers nous incite à ne pas traîner et nous partons à 7h45.Un petit détour par les maisons situées de l’autre coté de la baie nous permet de refaire le plein d’eau dans un ruisseau. Nous sortons d’Evans bay et le vent se remet à souffler, heureusement moins fort que la veille. Nous traversons le Whale passage, longeons les Penn Islands par le sud ouest et coupons le Sutl channel en direction de Von Donop inlet. Nous avons le vent et le courant dans le nez. Nous le remontons complètement en visitant chacune des petites baies latérales. A son extrémité, nous laissons les bateaux sur la grève vaseuse et suivons le petit sentier qui rejoint Squirrel Cove une baie située de l’autre coté de l’île. La foret est belle, et le chemin confortable. Au bout d’1,5 km, nous débouchons de l’autre coté C’est aussi bien vaseux.De retour aux bateaux, nous repartons et nous arrêtons au Camp site situé à la confluence de deux Inlet. Le coin est très accueillant et nous sommes à coté des fameux rapides qui protègent le lagon Von Donop. La pluie arrive. 25 km

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Mercredi 21 juillet :

Lever 6h. Les bateaux de pêcheurs ancrés dans le fond de la baie nous ont réveillés bien avant.

Le temps est couvert, mais le baromètre est en hausse. Du coté des reversing rapids, la situation a bien changé, et c’est pratiquement l’étale alors que la veille c’était un rapide en chicane impressionnant. Nous renonçons à aller dans le lagon, car il faut calculer précisément l’horaire de sortie et c’est trop contraignant à notre goût. Nous repartons vers la sortie de Von Donop Inlet, et les nuages commencent à se déchirer. Nous longeons l’île de Cortes en visitant chaque baie. Elles sont plus habitées parsemées de cabanes personnalisées. Le soleil tape dur lorsque nous atteignons Whaletown bay. Nous en profitons pour faire quelques courses et pour tenter de recharger les batteries de l’appareil photo. Le commerçant fait tout son possible, mais le chargeur ne veut rien savoir. Patrick maudit la technologie.

Nous reprenons la mer en direction de Georges Harbour et trouvons un superbe coin de bivouac juste en face de Marina island et de Shark spit, grande bande de sable s’agrandissant avec la marée descendante. Nous profitons de la vue sur le Georgia Strait avec en toile de fond les montagnes enneigées de l’île de Vancouver. 24 km

Jeudi 22 juillet :

Nous quittons notre île à marée haute direction Georges Harbour. Le temps est toujours beau. L’entrée de la baie est spectaculaire. C’est une gorge sur les flancs de laquelle des gravures ont été faites par les indiens. Nous faisons ensuite le tour de la baie, mais cela n’est pas très intéressant. Il y a beaucoup d’élevages d’huîtres et de moules. Nous nous arrêtons à la marina pour faire le plein d’eau, des courses, et tenter de recharger l’appareil photo. A l’épicerie, nous tombons sur une vendeuse Québécoise très sympathique qui parvient à faire marcher notre chargeur malgré l’air réprobateur de sa patronne plutôt acariâtre. Nous repartons ensuite vers Manson landing, une baie qui se vide presque complètement à marée basse. C’est un haut lieu touristique. Nous allons malgré tout nous baigner dans un lac situé à 15 mn du fond de la baie. C’est un bel endroit, avec une plage de sable fin. .

 

Nous reprenons la mer à marée basse pour contourner le long cap de Sutil point. La lagune émergée nous oblige à faire un large détour par l’ouest et, au cap, après 2h nous devons nous rendre à l’évidence qu’il sera impossible de débarquer, car il y a des rochers acérés sur plusieurs centaines de mètres.. Qu’à cela ne tienne, nous traversons 4km en direction des Twin islands. Hélas, elles sont privées et tout les 100m de beaux panneaux nous rappellent qu’il est interdit d’entrer. Cela devient pesant et nous remontons la cote de l’île vers le nord. Revenus finalement sur la cote de l’île de Cortes, nous débarquons enfin sur une plage ou nous trouvons tout juste un espace pour la tente. Mais à peine avons nous terminé, qu’un individu chargé de la surveillance du secteur débarque pour nous dire que c’est totalement interdit. Nous discutons et finalement ; il consent à nous laisser pour la nuit et repart dans son kayak de plage.

Nuit de plomb après 32 km. Nous avons vu beaucoup de loutres dont une famille au complet. Nous avons aussi sauvé un bébé phoque qui était coincé dans une fissure de rocher. Nous l’avons aidé à retrouver la mer, en espérant qu’il parvienne à retrouver sa mère…

 

Vendredi 23 juillet :

Le temps est calé sur beau. Nous ne sommes pas pressés et continuons de longer la cote jusqu’à la pointe Mary. Nous visitons au passage les différentes baies. Nous traversons en direction des Powell islands sur une mer d’huile mai avec une chaleur accablante qui nous invite à la baignade. Sur la deuxième île, nous commençons à rencontrer des phoques qui se prélassent au soleil. Sur un îlot voisin peuplé par des colonies d’oiseaux, nous en dérangeons d’autres qui dormant profondément et ne nous voient pas venir. Nous campons le soir sur la première île de Copeland à coté d’un bivouac aménagé avec plate-forme, wc et tout le taintoin. Patrick essaie de faire des esquimautages, mais c’est le fiasco complet. 20km

Samedi 24 juillet :

Toujours grand beau temps ! mais avec un peu de vent N-NW. Nous faisons tout un circuit au travers des îles Copeland. Nous voyons encore quelques phoques, mais il y a plus de bateaux. Nous remontons ensuite vers le nord puis traversant l’embouchure de Malaspina inlet, nous nous installons sur la petite île de Galley Bay. Il y a pas mal de voiliers mais nous n’avons guère le choix. 23km

Dimanche 25 juillet :

C’est notre dernier jour de kayak. Le vent est au rendez vous et nous l’avons dans le nez jusqu’au cap puis en entrant dans le Malaspina inlet, il se conjugue avec le courant pour nous pousser. Premier détour par la première baie sur la Gifford peninsula. C’est assez joli et varié. Nous entrons ensuite dans Lançelot inlet. Au premier abord, c’est assez rébarbatif, mais la première baie sur la rive nord nous dévoile une série d’îlots sur fond de montagnes escarpées.

Du coup, nous décidons de pousser une petite reconnaissance dans le Théodosia inlet. Malgré quelques déboisements sévères, ce chenal reste très sauvage et nous regrettons de ne pas pouvoir aller le visiter jusqu’au bout. Nous rencontrons ensuite un employé des cultures d’algues voisines. Son anglais un peu bourru et difficile à comprendre ne semble pas traduire un accueil très chaleureux. Il en va de même pour ses acolytes qui arrivent et que nous ne semblons guère intéresser. Nous faisons demi tour. Vers 15h30 nous débarquons à P.R. Sea Kayak ou se termine notre navigation. 29 km Au total, en 17j de navigation, nous avons parcouru un peu plus de 400 km en ne couvrant qu’une petite partie du détroit séparant l’île de Vancouver et le continent. Cela laisse imaginer le formidable terrain de jeu qu’il reste à découvrir.

 

 

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