Samedi 16 et dimanche 17 février 2008 :

Le trajet pour arriver à Pak Bara n’est pas de tout repos. Après un premier vol Lyon Amsterdam de 2h, nous devons attendre 4 h notre correspondance pour Bangkok. Suivent 10 h 30 de vol avec China air line durant lesquelles nous parvenons à dormir un peu. A Bangkok, nouvelle agrémentée d’un changement d’aéroport pour prendre la ligne intérieure qui nous emmène à Hat Ya. Nous avons pris un bus local à l’aller plus pittoresque mais on porte plus les bagages et un taxi au retour. Il faut plus de 2 h pour ce transfert, mais nous avons constaté sur place que d’autres vols partaient du même aéroport international pour Hat Yai. Là, nous trouvons facilement un taxi qui nous emmène à la guesthouse de Pak bara que nous rejoignons en 2h. Il est 17h heure locale. Notre voyage a duré 23h.

Nous faisons connaissance de Tom un guide Tai de l’agence qui a apporté les kayaks depuis Phuket et qui guidera ensuite un couple quelques jours dans les îles. Nous fignolons les préparatifs, arrêtons les dates des transferts en bateau entre le groupe d’îles de Ko Lipe, la grande île Tarutao et le retour vers le continent. Il y a aussi des ferrys, mais le fait que nous soyons 6 rend aléatoire la possibilité d’embarquer sur un ferry de façon sur quand nous le voudrons.

Nous faisons goûter le pastis de notre premier apéritif à Tom et le suivons ensuite dans un restaurent ou nous retrouvons avec plaisir les saveurs de la cuisine Tai. Ensuite nous allons dormir avec, pour certain, une nuit agitée, compte tenu du décalage horaire, des coqs qui chantent au milieu de la nuit et de l’appel à la prière du muezzin.

 

Lundi 18 février :

Nous nous sommes donnés rendez-vous à 7h et comme l’hôtel n’a pas l’air de servir de petit déjeuner, nous avisons des petites échoppes proches ou les locaux viennent acheter à manger pour faire comme eux. Nous achetons des crêpes fourrées aux œufs brouillés sucrés et différents petits en-cas plus ou moins sucrés que nous mangeons dans la cour de l’hôtel, entourés de bougainvilliers multicolores et de chants d’oiseaux.

Ensuite, pendant que Tom s’occupe de l’acheminement du matériel vers le port à 1km, nous allons avec le gérant de l’hôtel à Langu, une petite ville à quelques km pour faire les courses. Nous sommes rodés, avons toujours notre liste et c’est vite expédié. Nous investissons une première échoppe qui n’a rien d’un supermarché, et à 6 nous passons tous les rayons au peigne fin. Les sacs ikéa emportés pour la circonstance se gonflent de riz, de pâtes et d’une foule d’ingrédients pour tenir au moins 7 jours avant une autre possibilité de ravitaillement. Nous allons ensuite acheter des fruits et légumes et nous faisons le plein de petites bananes, ananas, mangues et d’agrumes.

Nous passons à l’hôtel nous mettre en tenue et chargeons les bagages sur le pick-up pour rejoindre le port. Nous trouvons le bateau au milieu des typiques embarcations de pécheurs de crevettes couverts d’ampoules électriques pour pécher la nuit au lamparo

Les kayaks sont sur le toit plat et nous nous installons sur les bancs en bois qui peuvent contenir au moins 20 personnes Adieux à Tom que nous retrouverons peut être lors de son périple en fin de semaine et nous quittons la mangrove ou est installé le port. Le bruit du moteur nous assourdit tout de suite. La pointe avant du bateau est un bon refuge pour profiter du paysage mais gare au soleil. La navigation dure plus de 4h. C’est long, et comme nous commençons à avoir faim,, nous utilisons nos thermos que nous avons rempli d’eau chaude pour manger des pâtes chinoises et nous régalons de nos premières bananes.

Nous arrivons enfin à Ko Lipe, l’île touristique de l’archipel. L’eau est peu profonde et un « longue queue », bateau local, vient chercher tout notre bardas tendis que nous mettons les kayaks à l’eau pour rejoindre la terre. Nous confirmons notre rendez-vous avec le bateau dans une semaine à 8h du matin.

 

Cette fois ci nous y sommes et il ne reste plus qu’à compresser cet énorme tas pour tenter de tout faire tenir dans les coffres. La plage est remplie de bungalows, et d’échoppes diverses, nous avons des spectateurs qui nous regardent d’un air étonné, d’autres viennent discuter et nous envient un peu car tous leurs déplacements dépendent des bateaux locaux bruyants au possible.

Nous prenons la mer vers 16 h. Nous allons faire le tour du chapelet d’îles en commençant par le coté le plus exposé et le plus sauvage. Nous faisons juste une petite étape qui nous conduit sur l’île principale: Ko Adang. Nous sommes déjà dans l’ambiance avec une eau cristalline et la jungle en arrière plan. En fait, les îles sont très montagneuses et nous commençons à nous extasier devant la beauté des arbres énormes qui se détachent au fil de notre navigation. Nous savons qu’il y a des singes et nous scrutons les berges pour les voir.

Nous nous installons à l’extrémité de la première grande plage rencontrée, encadrée par de beaux blocs de pierre et des arbres morts à moitié enfouis dans le sable. Nous faisons notre première séance de snorkeling avant d’installer notre bivouac. Nous avons un réchaud à essence pour cuisiner, mais en fait nous reprenons notre habitude du feu de bois plus agréable bien que moins rapide. Hélas nous avons oublié d’essayer d’acheter une grille, ce qui aurait permis de cuisiner plus facilement. Nous espérons en trouver une au hasard des plages qui sont souvent souillées par les vestiges du Tsunami de décembre 2005.

Pour dormir nous montons juste les moustiquaires de nos tentes, et à 8h30, tout le monde dort… Il nous faut digérer le décalage horaire.

Mardi 19 février :

Réveil au lever du soleil et avec les bruits de la foret vers 6h30.Une petite houle agite la mer, mais cela n’a pas l’air méchant. Nous retrouvons nos habitudes peu à peu et après une paire d’heures, nous reprenons la mer.

Nous longeons un rivage orné de gros blocs granitiques surmontés d’une végétation luxuriante. Les arbres magnifiques surgissent de cette forêt inextricable qui occupe l’essentiel des reliefs accidentés. Nous guettons les animaux sur les rives et apercevons enfin furtivement des singes. Au-dessus de nous de grands rapaces tournoient. Dans une petite crique, nous déambulons grâce à la marée haute au travers d’une petite mangrove puis la géologie change en même temps que nous approchons de l’extrémité de l’île. Nous cassons la croûte à l’ombre des arbres qui ombragent chaque plage, ce qui est bienvenu, car il fait très chaud. Le menu sera la plupart du temps salade de riz ou pâtes chinoises plus fruits et café avec gâteaux secs.

Une nouvelle baignade pour voir les poissons et nous rejoignons le chenal qui nous sépare de Ko Rawi. En fait, souvent, quand nous serons dans des eaux calmes et peu profondes, nous avancerons en nageant avec palmes masque et tuba en tirant les kayaks derrière nous. Quel régal, bien qu’étant pour la plupart plongeurs, il suffit de quelques mètres d’eau pour nous enchanter par la variété des poissons multicolores et des coraux. Pour remonter dans nos embarcations, pas de problème, ce sont des modèles stables et point besoin de paddle float.

Nous traversons sur 2km et Patrick en profite pour pécher ses deux premiers poissons. Sur l’autre rive, la vue du corail sous l’eau cristalline nous invite à nous remettre à l’eau. On nous a prévenu, cette partie du parcours est la plus intéressante pour les fonds sous-marin. Quand nous serons autour de l’ile Tarutao, l’eau sera plus trouble. Nous nous laissons porter par le courant qui parcourt le chenal profitant encore et encore de la beauté des paysages.

Nous cherchons ensuite un lieu de bivouac.  Il faut bien calculer jusqu’où monte la marée, et nous devons nous installer dans la jungle après avoir déblayé les objets hétéroclites qui s’y trouvent et repéré si nous ne sommes pas sur le trajet d’une fourmilière. Nous avons eu un peu de vent pour naviguer, mais maintenant, il est tombé et la mer est d’huile. Pourtant, alors que nous allons aller dormir, de violente bourrasques nous incitent à veiller un peu. Une houle qui amplifie le mouvement de la marée s’installe et avec la lune presque pleine, nous craignons que notre bivouac ne soit menacé par la marée. Les heures passent, et les plus inquiets ou les moins fatigués veillent. Finalement, vers 22h, la tendance s’inverse. Philippe qui avait trouvé une place panoramique pour sa tente sur la plage a regagné lui aussi la forêt. Nuit agitée par le vent et le ressac.

 

Mercredi 20 février :

Ce soir, pour écrire ces lignes, pendant que le feu et l’apéro se préparent, Patrick a choisi un caillou bien plat sur la plage. S’il tourne la tête à droite, son regard se heurte à un petit îlot fait de blocs parallélépipédiques et coiffés d’une patine noire. Quelques arbustes parviennent à croître au milieu de ce chaos ; de longues langues de sable blanc soulignent avantageusement ce paysage de carte postale. A gauche, derrière un gros tronc échoué sur la plage, la forêt occupe tout l’espace ne laissant qu’une étroite bande de cailloux sombres entre elle et la mer. Cette dernière est immobile, à peine striée par le courant issu du chenal qui indique la marée montante. Le clapot rivalise avec les bruits de la forêt. Le soleil a disparu, laissant la place à une lune bien ronde. Bref, un bivouac de rêve…

 

Ce matin, la météo était beaucoup plus agitée, le vent était bien présent et la houle promettait un départ tonique. Nous avons embarqué à 9 h. Le vent heureusement nous pousse tranquillement vers l’extrémité de l’île. Peu à peu, le paysage se minéralise, envahi par les falaises et les récifs. Nous apercevons un ruisseau qui s’écoule en cascatelles avant de rejoindre la mer. Nous avons été échaudés pour l’eau à notre précédent voyage et cette fois nous complétons notre stock à chaque occasion. Comme c’est un peu compliqué de s‘arrêter en kayak, nous débarquons sur la plage la plus proche et nous nous organisons pour remplir les vaches à eau. Patrick part avec petit Philippe à pied sur les dalles pentues. Sandrine et Claude y vont en kayak pour récupérer les quelques 30 l qui compléteront notre stock. De retour à la plage, la mise à l’eau face au vent et des vagues qui déferlent n’est pas aisée, et Sandrine en profite pour faire le plein d’eau salée. Nous contournons un petit cap et arrivons dans une large baie rocheuse. Une petite plage de galets à coté de laquelle coule un petit ruisseau nous servira de lieu de pique nique. Nous sommes à l’abri du vent. Hélas, la plage est plutôt sale, l’eau trouble et nous faisons connaissance avec de minuscules méduses qui bien que leurs brûlures ne soit pas graves nous contraignent à renoncer à nager.

 

Rinçage à l’eau douce, et repas habituel de nouilles chinoises à l’ombre d’un arbuste dans les rocher.

Nous repartons et arrivons à l’extrémité de l’île. Le chenal qui se présente à nous est entrecoupé de deux îlots rocheux particulièrement esthétiques. Nous avisons des bouées d’ancrage pour les bateaux de plongeurs, y amarrons les kayaks et faisons une séance de baignade. Les fonds sont très beaux, et là pas de méduses. Nous rejoignons ensuite une plage accueillante face à ce magnifique panorama. Une cohorte de bernard l’ermite de toute sorte, dont certains dans des coquillages de 10 cm ou plus, monte vers la forêt, traverse notre tablée, en faisant un raffut de tous les diables.

 

Jeudi 21 février :

Départ matinal.Nous débutons la journée par une petite plongée en tirant les kayaks. La technique est maintenant bien rodée. Les fonds sont très beaux, mais comme la marée est montante, l’eau est un peu trouble. Nous remontons sur nos embarcations et contournons Ko Butang par le large. Une petite houle nous accompagne et Patrick réussi en passant le cap à prendre un beau poisson. Nous le mettons dans un gros tuperware avec de l’eau pour qu’il attende le soir et d’éventuels compagnons. Hélas, ce ne sera pas le cas, et les parties de pêche entraînent la perte de nombreux leurres sur les hauts fonds ou lorsqu’ils sont happés par de trop gros poissons. Ensuite, nous sommes à l’abri du vent et nous arrêtons sur une plage pour faire une pause. Une vague trace démarre vers la jungle. Petit Philippe

trouve un régime de bananes pas très mangeables et grand Philippe part à la recherche de bananiers, mais, les régimes sont trop hauts pour être atteints. Petite ballade sur le sentier de moins en moins tracé et nous repartons. Nous sommes désormais à l’extrémité de l’archipel et celui ci se termine par un chapelet d’îlots que nous comptons bien visiter de A à Z. Chacun offre des caractéristiques différentes et leurs petites tailles permet d’en faire le tour intégralement en faisant des itinéraires en 8. Entre eux, le courant nous pousse. Vers 12 h, nous trouvons la seule plage qui nous permettra de manger à l’ombre. Nouvelle plongée en début d’après midi puis poursuite de notre navigation enchanteresse autour des îles. Les dernières sont très rocheuses et l’une d’entre elle emblématique du secteur est un empilement de gros blocs cubiques. Le soir nous trouvons une plage bordée par un superbe récif de corail. Nous en profitons à nouveau Nous commençons à voir plus de bateaux au large, de pêche, et plus près, de touristes, mais rien de bien gênant. Nouvelle nuit agitée, la marée venant saper notre parking à kayaks et lécher l’emplacement de la tente de grand Philippe.

 

Vendredi 22 février :

A l’intérieur de l’archipel, la mer est globalement plus calme et moins ventée. Plongée matinale puis cap sur la petite île de Ko Lokoi. Elle sert de buvette sans doute à des périodes plus touristiques. Elle est déserte et nous pouvons la parcourir tranquillement et profiter des points de vue. L’eau est tellement claire et peu profonde que nous retournons profiter des fonds avant de continuer notre tour complet de Ko Butang. Nous traversons à la hauteur de notre bivouac idyllique de mercredi soir. Un groupe de japonais s’initie au snorkeling avec force gilets de sauvetage. Colette ne doutant de rien essaie d’aller négocier un tuba car elle a perdu le sien. Nous longeons ensuite Ko Rawi par l’intérieur. Nous dépassons une maison des rangers du parc et arrivons dans une superbe mangrove dans laquelle nous pénétrons pour trouver un coin ombragé pour déjeuner. Nous trouvons une étroite bande de sable et nous nous installons sous le regard curieux de gros lézards qui s’approchent de toute part. La marée montante nous oblige à repartir pour explorer cette mangrove suffisamment aérée et nous jouons à nous faufiler au milieu des palétuviers. A force de tenter le diable, Patrick se retrouve coincé entre de grosses racines et doit se mettre à l’eau pour se dégager. L’eau est très claire ce qui est rare dans les mangroves. Plus loin, nous croisons Tom qui guide son couple de touristes anglo finlandais. On taille un peu la bavette, il nous indique un point d’eau proche, et nous assure qu’on se reverra à notre arrivée à Ko Lipe ou nous avons rendez vous avec le bateau pour notre transfert.

En fin de journée, nous arrivons à un camp du parc à l’angle de l’île et nous nous laissons tenter par une douche, un repas assis à une table et des bières… Nous avons faim et commandons chacun 2 portions de riz aux fruits de mer. C’est un endroit ou beaucoup de touristes doivent venir manger en milieu de journée après leur plongée, mais, ce soir nous sommes seuls avec les 3 gardes serveurs et la cuisinière du campement tous très avenants.

Samedi 23 février :

 

 

 

 

 

 

 

Nous testons les possibilités du petit déjeuner local et nous faisons préparer pour notre pique nique un riz sauté aux légumes et calamars que nous stockons dans nos tuperwares et achetons les fruits et légumes disponibles (choux, oignons et bananes).Coût des deux repas, du petit déjeuner et du camping: et des nombreuses bières : 2600 bath pour 6. Nous continuons la journée par notre traditionnelle plongée sur le récif de corail. Les poissons sont abondants et  gros. Traversée vers l’île de Ko Adang que nous longeons un moment avant de traverser vers les îles de Ko Burat et Ko Bulo. La première est sauvage, mais rien d’extraordinaire et nous arrivons à la seconde, où nous avions repérer beaucoup de bateaux. A notre arrivée ceux-ci quittent les lieux. Nous sommes seuls.

Ici, pas de sable, mais de jolis galets noirs, veinés de couleurs mises en valeur par l’eau. Les gardiens du parc ont trouvé une bonne parade au pillage : un panneau rappelle les risques encourus : accident fatal, déchéance sociale, perte financière, etc…Nous nous abstenons donc et nous contentons de faire comme tout le monde un petit cairn. Là encore, on voit les traces du tsunami et les déchets apportés par la mer. Nous faisons honneur au riz, nous nous baignons et continuons le tour de l’île puis traversons vers un groupe de petits îlots. Nous en faisons le tour, manœuvrant entre les rochers, passant et repassant pour les photos sous une petite arche. Petit Philippe fait remarquer au plus grand que sa ligne de flottaison à l’air très basse. Heureusement, la mer est calme, nous pouvons prendre pied, ancrer les bateaux sur un haut fond et vider celui de Philippe dont le coffre arrière est plein d’eau. Un trou de plus d’un cm apparaît à la pointe arrière de l’étrave. Nous faisons une réparation de fortune en bourrant un sac plastic dans l’ouverture complété par des élastiques de chambre à air que nous avons toujours dans nos affaires. Philippe part ensuite à toute vitesse vers Ko adang, de peur de prendre à nouveau l’eau et finir comme le Titanic. Le temps d’embarquer, il est déjà loin. Heureusement, la réparation tient et nous le retrouvons sur la plage à l’embouchure d’un ruisseau que nous adoptons pour la nuit. La

marée est trop basse pour que nous profitions des coraux, gare aux oursins. Nous faisons une petite promenade dans la jungle après avoir trouvé un sentier, rinçage à l’eau douce, et longue séance de réparation du kayak. La technique consiste à enfiler un bout de bois dans la gorge qui sert de support au gouvernail puis de boucher le restant du trou avec du plastic fondu, le tout recouvert de Seamgripp.

 

Dimanche 24 Février :

Nous traînons un peu, car nous avons largement le temps et l’eau est loin des kayaks. Tentative de plongée, mais la mer est infestée de petites méduses qui n’on pas l’air de piquer, mais la sensation est désagréable. Nous passons devant des campements de pécheurs puis traversons vers Ko Lipe. Il y a tout de suite plus de monde et les bungalows ont envahi la plupart des plages. Nous contournons l’île par l’ouest, nous arrêtons pour manger à l’écart puis visitons le reste de la cote plutôt sauvage avant d’arriver à la plage principale vers 15h. C’est une transition difficile avec des paillotes partout, des bateaux à l’ancre en nombre et beaucoup de monde sur la plage. Le Varin Resort conseillé par Tom est plein et nous nous replions par hasard sur le Baracuda club qui loue des bungalows pour 500 bth. Nous nous douchons avec plaisir puis partons faire le plein de nourriture pour la deuxième partie de notre séjour. Il y a moins de choses que sur le continent, c’est plus cher, mais nous sommes surtout contents de faire le plein de fruits et de légumes. Nous trouvons même des pommes de terre et des tomates.

 

Sandrine, qui regrette de ne pas avoir de grille pour le barbecue, en particulier pour faire du pain insiste tellement auprès d’une petite gargote qu’elle réussit à en acheter une en demi-rond qui sert à égoutter les beignets.

Le soir nous cherchons sur la plage un endroit ou manger et trouvons un étalage de poissons et de crevettes géantes qu‘il suffit de choisir avant qu’ils ne soient cuits sur place. Nous nous régalons et faisons le repas le plus cher du voyage (3460 baths) avant de passer la plus mauvaise nuit du séjour entre les conversations téléphoniques dont tout le monde profite et les feux d’artifice à minuit.

Lundi 25 février :

Nous déjeunons face à la plage ou quelques joggeurs pittoresques font des allers et retour. Nous voyons aussi passer une procession de moines qui vont mendier leur nourriture suivis par une cohorte de chiens. Un marcheur nordique, le torse bombé, bien droit fait aussi plusieurs passages. Une joggeuse, un relais à la main fait des accélérations. Tout cela nous occupe en attendant l’arrivée du bateau. Nous n’avons pas vu Tom qui a du repartir sur Phukett. Le bateau arrive à l’heure et l’embarquement se fait sans problème, de la même manière que le débarquement, car mettre sur le toit des kayaks chargés est difficilement réalisable. La traversée dure 2h30. Sur Tarutao, nous débarquons dans le site principal au Nord de l’île au début de la mangrove. C’est calme et accueillant. Nous laissons là Colette et Claude qui préfèrent faire des ballades à la journée sur terre ou sur mer plutôt que de faire le tour complet de l’île et ne pas avoir la pression due aux délais.

 

Nous mettons le cap au sud, poursuivis par un photographe japonais bardé d’objectifs. Le début est une succession de plages entrecoupées de caps rocheux. Quelques bungalows occupent ces coins paradisiaques. Certains semblent abandonnés. Nous squattons des tables pour manger puis repartons pour prendre un peu d’avance sur notre itinéraire. Nous longeons une des plus grandes plages de l’île sur plusieurs km et à son extrémité nous trouvons le bivouac idéal à l’embouchure d’une rivière provenant d’une grande mangrove. Nous ne résistons pas à l’envie de la remonter un peu malgré le courant contraire. Nous finissons par capituler et redescendons à toute vitesse. La marée descend toujours et nous passons à temps l’estuaire pour aller nous mettre sur la plage. Ce soir, des dizaines de bateaux sont visibles dans la baie. A la nuit tombante, chacun allume ses lamparos pour une longue nuit de pêche.

 

Le temps s‘assombrit, le tonnerre gronde, mais il ne tombe que quelques gouttes. Sandrine attaque la réalisation de petits pains aux raisins que nous aurons désormais tous les matins pour le petit déjeuner.

Mardi 26 février :

Le temps est toujours couvert. A notre réveil vers 6h30, les lampes des bateaux s’éteignent une à une. En fait, ils ne nous ont pas gênés pour dormir. Le ressac nous isole des autres bruits.

Lorsque nous prenons la mer, le vent se lève ainsi qu’une houle bien formée. La première partie du parcours ébouleuse et un peu monotone n’offre aucuns abri sur près de 5 km., mais nous ne rencontrons aucun problème. Ensuite, une longue plage lui succède et les conditions changent pour laisser la place à un soleil de plomb et une chaleur étouffante. Il est temps de faire une pause et nous nous arrêtons dans une mangrove au débouché d’un cours d’eau. Un pécheur installe des filets pour piéger des poissons grâce à la marée descendante mais il ne cherche pas beaucoup à communiquer. Ensuite, nous nous rapprochons du cap et la cote devient plus rocheuse. Nous retrouvons les reliefs calcaires que nous avons connus dans la baie de Phang Nga. La mer est calme nous passons la pointe sud qui précède une large baie occupée en partie par une mangrove. Nous voyons plus au sud les premières îles de la Malaisie et plus près d’autres qui nous attirent avec leurs falaises envahies de végétation et de concrétions. Nous irons demain, il est temps de trouver un bivouac. Nous suivons la mangrove pour trouver un endroit et arrivons au fond de la baie près d’une maison du parc dont le couple de gardes nous indique une place sous de grands arbres fruitiers. Ils nous mettent en garde contre les singes mais ceux ci resteront à distance. Un ruisseau permet de se laver à l’eau douce et nous apprécions le fait de ne plus être dans le sable.

 

Mercredi 27 février :

Une tribu d’écureuils nous réveille par un petit spectacle d’acrobaties. Par contre, la marée est au plus bas, ce qui nous oblige à un long portage des kayaks.

Nous commençons donc par aller visiter les deux îles de Ko Belitung Besa entrevues la veille

La plus grande est surmontée de deux tours calcaires impressionnantes. Au bas de la plus petite, une échancrure permet d’atteindre un cirque rocheux entouré de hautes falaises lapiazées. Plus loin, un étroit chenal conduit à un campement de plusieurs constructions en dur. C’est magnifique, mais les habitants nous font des signes que nous interprétons comme peu accueillants. Pourquoi ? S’agit t’il d’un laboratoire clandestin, d’affreux terroristes, ou la fameuse île du Dr No ? Tant pis, nous continuons notre tour pour remonter vers le nord en rejoignant la cote. Quelques plages nous permettent de faire une pause casse croûte et de tenter de nous rafraîchir dans une eau qui frôle les 40°. La suite est attrayante, parois calcaires déchiquetées et mangroves alternent et du coup on ne s’ennuie pas une minute. Et si notre attention se relâche, les singes nous rappellent à l’ordre.

 

Vers 16h, nous arrivons dans une grande baie avec une mangrove ou nous ne trouvons pas de quoi camper et nous préférons tenter notre chance sur une petite île (Ko Klang) plutôt que d’aller encore un peu plus loin près d’une base du parc ornée d’un long ponton. Trois pécheurs s’y reposent et nous troublons un peu leur tranquillité, mais nous sommes fatigués. Après une courte inspection des lieux, nous essayons de leur demander par gestes si on peut rester là. Ils fuient rapidement. Peut être est ce aussi l’heure de retourner travailler. Sandrine essaie de leur acheter des poissons car ils ont un petit vivier dans leur bateau, mais les 500 bath proposés ne leurs conviennent pas. Il faut bien choisir son coin, car il y a des cohortes de fourmis rouges Là encore, la vue depuis notre plage est magnifique : mangrove avec îlots rocheux sur fond de montagnes escarpées recouvertes de jungle. Durant la nuit, la chaleur devient étouffante et il pleut quelques gouttes.

Jeudi 28 février :

Le ciel est très chargé. Nous traversons la baie pour aller voir la mangrove, passons à coté de la base et son îlot spectaculaire : une grosse dent d’une centaine de mètres de haut. Nous avançons vers le Nord et le chapelet d’îles qui débute un peu plus loin. Hélas, le vent du sud-est se lève et devient de plus en plus soutenu. Il est plus confortable de longer les îles par l’intérieur pour se protéger mais entre chacune d’elles, nous retrouvons le vent qui nous barre la route et rend la mer agitée. Nous croisons quelques bateaux qui se sont mis à l’abri. L’une des îles est très jolie avec une plage centrale donnant sur les deux cotés entourées de falaises et de palétuviers. Nous y faisons une petite pause et trouvons des ossements de dauphins mais ne nous attardons pas car le vent forcit et nous préférons rejoindre la cote et trouver une plage ou s’arrêter. Juste le temps de manger et des trombes d’eau s’abattent sur nous. Il a beau faire chaud, nous sommes bien content de mettre notre coupe vent et d’aller nous pelotonner contre un vague abri sous roche.

Heureusement, vers 13h, cela se calme un peu et nous sommes heureux de pouvoir échapper à cet endroit ou il aurait été très inconfortable de bivouaquer. Il pleut toujours mais le vent est moins fort. Nous visitons un petit cirque rocheux qui abrite de beaux rochers immergés dans une mangrove que nous allons visiter, retrouvant le calme. Nous regagnons ensuite la cote avec le vent qui forcit à nouveau. Nous prenons une nouvelle rabasse et entrons enfin dans un grande baie. Nous croisons nos pécheurs de la veille qui semblent en panne et rigolent en nous voyant passer et proposer de les remorquer. Nous essayons de trouver refuge dans des grottes qui bordent une petite plage, chassant une poignée de singes. Nous nous lassons vite d’attendre et comme nous sommes maintenant à l’abri du vent nous continuons le tour de la baie pour nous diriger vers une grande plage flanquée de hautes falaises qui semblent habitées. Nous espérons y trouver un bivouac à l’abri de la pluie. En fait, c’est un immense campement de pécheurs .Il n’y a personne mais seule la partie gauche des falaises semble occupée actuellement au vu des affaires et de la nourriture qui s’y trouvent. Nous n’osons pas nous installer sur les différentes plates formes construites dans les abris sous roche et nous plantons nos tentes un peu plus loin à l’abri de la falaise. Des casiers sont empilés en grand nombre partout. Le coin est splendide, et nous apprécions d’être au sec alors que la pluie continue à tomber. Le baromètre ne nous donne pas beaucoup d’indications. Il y a même du bois sec contre la falaise pour faire notre feu. Des pécheurs rentrent à la nuit à leur campement assez loin de nous et ne viennent pas nous voir.

Vendredi 29 février :

Le ciel est encore très chargé et rapidement, il pleut. Cela ne nous gêne pas et nous embarquons vers 8h. Le vent se lève. La navigation est assez belle jusqu’au cap, la cote reste rocheuse et variée. Une longue île nous protège un moment du vent qui continue de forcir. Nous franchissons le cap sans trop de problèmes mais bien concentrés malgré tout sur la mer ou des surfs viennent du large par le travers. Nos kayaks réagissent bien. Derrière, tout redevient plus calme et nous pouvons profiter à nouveau de la cote ou le calcaire est tourmenté par l’eau et offre des formes et des couleurs grises dues à la pluie. Cette partie est très belle. Nous aurons eu toujours une grande variété de paysage. Pause bien méritée dans une petite baie ou des bateaux de pêche sont aussi à l’abri. Nous nous essayons au snorkeling mais l’eau est trouble.

 

Nous parvenons à notre point de départ vers 11h et retrouvons Claude et Colette qui nourrissaient quelques inquiétudes à notre égard.

Samedi 1 mars :

C’est la fin. Nous stockons nos affaires et les kayaks vers l’embarcadère et allons marcher sur un sentier qui monte au dessus du village jusqu’à un belvédère. Le ciel est dégagé et le beau temps semble revenu. Rencontre avec les singes qui sont chez eux et pas toujours très commodes si on s’approche trop près. Vers 14h, nous nous rendons au débarcadère et notre bateau est à l’heure. Nous chargeons tout et partons, mais près du cap, le temps n’est plus le même. La houle augmente, le vent est fort et la pluie diminue beaucoup la visibilité. Nous avons l’impression que le capitaine est plus tendu. Un ingénieux système de bâches transparentes protège les cotés du bateau de la pluie et tout se déroule bien. Dire que nous avions envisagé de faire cette traversée en kayak.. Nous sommes contents d’arriver à Pak Bara 1h30 plus tard. Nous rentrons à pied et le matériel et les kayaks sont rapatriés à la guesthouse en side car.

 

Dimanche 2 mars :

Nous racontons un peu nos aventures et allons manger et boire une bière dans l’unique restaurant du camp. Nous repartons ensuite visiter la mangrove qui mène à la grotte aux Crocodiles prétexte à emmener les touristes dans des « longues queues ».Ce ne sera pas un souvenir impérissable, mais nous sommes seuls et il y a des singes à observer..

Après avoir trié et rincé le matériel, nous passons la nuit dans des bungalows en dur, fraîchement construits.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’agence nous a prévu un véhicule pour aller à l’aéroport. En route, nous allons voir une succession de 6 grandes cascades qui s’étagent sur plusieurs centaines de mètres de hauteur. Sur le sentier, nous sommes attaqués par des sangsues. Mais il paraît qu’une bonne saignée est toujours bénéfique… Pour notre part, nous mangeons sur place dans une gargote. Au menu, poulet grillé accompagné de salade de papaye verte. Nous allons ensuite nous balader au marché de HatYai et enfin direction l’aéroport.